rorqualLa Méditerranée, carrefour des civilisations et lieu de villégiature privilégié, est aussi un gigantesque dépotoir dans lequel une large gamme de polluants se mélange à la faune et à la flore marines. Une vaste étude, dont les résultats viennent d’être publiés, menée entre 2006 et 2013 par l’Université de Liège et le WWF notamment, a révélé un degré alarmant de contamination à certains polluants lipophiles de trois espèces de baleines évoluant en Méditerranée, à savoir le globicéphale ou baleine-pilote, le cachalot, et le rorqual. Cette étude est remarquable et inédite tant par son ampleur que par son objet et par la méthode utilisée pour prélever les échantillons. En effet, ce sont au total 70 polluants organiques persistants qui ont été recherchés (et détectés) dans pas moins de 180 prélèvements de peau et de blanc de baleine issus de 61 cachalots (Physeter Macrocephalus, 14 femelles et 47 mâles), 49 globicéphales (Globicephala Melas, 23 femelles et 26 mâles), et 70 rorquals (Balaenoptera Physalus, 35 femelles et 35 mâles). Un tel dépistage sur une aussi large palette de polluants est inhabituel. Par ailleurs, l’étude se distingue par la méthode de prélèvement utilisée puisque les échantillons proviennent de sujets vivants en lieu et place des habituelles carcasses échouées. Les résultats obtenus viennent souligner la nécessité cruciale de poursuivre les efforts dans la lutte pour l’interdiction de ces polluants rémanents et le contrôle du respect des législations allant dans ce sens.

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